Découverte sportive du Pérou – Part 2/2

Jour 7 II Vendredi 13 mai – trek massif de l’Ausangate 1/4

À 7h30, nous nous retrouvons tous dans le hall de l’hôtel où notre nouveau guide, Cirilo, nous attend avec son van. 

Il fait beau et chaud à Cusco, une météo qui va nous accompagner toute la route. 

Au bout de 2h30, nous faisons un arrêt à Tinque, au milieu de nulle part mais il y a une zone free wifi ! Nous faisons le plein d’eau – 2,50 soles alors que l’étiquette affiche 2, une certaine façon de se faire une marge – avant d’entamer le dernier segment qui nous conduit chez Cirilo à Upis au coeur du parc national de l’Ausangate, aka un village paumé dans la montagne.  

Notre équipe d’arrieros s’affaire pour nous préparer un merveilleux repas que nous prenons en « terrasse ». 

En revanche, c’est la haute montagne. Nous sommes déjà à 4200m et le ciel tourne vite. La marche du jour est courte en revanche, 5,6km pour 200m de D+, elle se fera une bonne partie sous la pluie avec un vent qui la rend encore plus glaciale. 

Quand nous atteignons notre campement, nous sommes à 4 400 m d’altitude, tout juste de quoi finaliser notre acclimatation. Sous un ciel capricieux, nous regardons nos guides avec mules monter les tentes, préparer le dîner…

C’est le moment que je choisis pour m’effondrer. L’altitude ? Le froid ? La fatigue ? Sans doute un peu des trois. Un malaise de courte durée que je n’ai pas vu venir mais qui crée sa petite frayeur dans le groupe. Ou alors je n’avais juste pas envie de gonfler mon matelas ! 

Je me pose dans la tente pour me reposer mais il fait froid froid. Là j’avoue que j’atteins vraiment les limites de ma zone de confort. J’aime le challenge mais mentalement, c’est dur ! 

Heureusement, c’est rapidement l’heure du dîner et de rejoindre la tente repas. Encore une fois, c’est un véritable festin qui nous est servi alors que les conditions sont plus que challengeantes. 

À 19h30, toute le monde au lit. Il faut dire qu’au milieu de nulle part, les activités sont limitées. 

Quand je me relève dans la nuit, la Cordillera Vilcanota enneigée brille de mille feux, c’est magnifique ! 

Ce sera quand même la nuit la plus froide que je n’ai jamais passée. 

Heureusement au milieu de la nuit, avec ma coloc de séjour, nous avons mis nos matelas côte à côte, pour profiter de notre chaleur humaine. Là où nous avions privilégié de laisser à chacune son « espace ». Le lendemain matin, nous constaterons que tous les binômes ou presque ont fait pareil. Le confort avant sa zone de tranquillité !

Jour 8 II Samedi 14 mai – trek massif de l’Ausangate (2/4)

À 4h50, les arrieros viennent éclairer nos tentes et nous déposer une bassine d’eau pour la toilette rapide du matin. 

Quand nous ouvrons la toile de tente, celle-ci est recouverte de neige gelée…

Leur petit-déjeuner est également digne d’un hôtel 4 étoiles !

À 6h, nous nous mettons en route. Une mise en bouche aujourd’hui avec 15km et 800m de D+. 

Nous avançons de paysages en paysages merveilleux, en foulant les restes de neige de cet hiver, en croisant des alpacas et avec rien d’autre, à perte de vue, que le ciel, des lacs et nous. 

Lorsque nous entamons des pass, notamment le col Arapa à 4 850m, nous sentons bien que nous avons perdu en oxygène. Les premiers pas sont durs, les jambes lourdes et le souffle court. En mettant un pied devant l’autre, ça passe. 

Vers 10h30, nous atteignons notre point de rendez-vous pour le déjeuner au bord du lac Puma Qocha. Notre équipe de quechuas s’affaire à préparer le déjeuner pendant que nous faisons la sieste au soleil…

1h15 plus tard, nous nous régalons : ceviche de champignons, soupe pommes de terre accompagnée de pain à l’ail, truite, quinoa, pommes de terre, avocat et ses petits légumes. Au regard des conditions de préparation, ils n’ont rien à envier à certains restaurants ! 

Pour la digestion, c’est le second pass de la journée qui nous attend. 300m D+. Au sommet, le vent fouette et nous avons atteint les 4 900m. In your face Mont Blanc ! 

Quelques minutes plus tard, notre équipe à mules nous rejoint. Elle a effectué l’ascension en 20’, no comment ! 

C’est tout tranquille que nous redescendons vers notre camp de base à 4 600 m d’altitude. Au loin, nous apercevons nos tentes. Il est 15 heures, J2 check ! 

L’heure de la toilette lingettes a sonné. L’heure aussi de se poser dans la tente tout simplement pour se détendre en attendant le dîner. On l’aura bien mérité !

Jour 9 II Dimanche 15 mai – trek massif de l’Ausangate 3/4

Nous nous améliorons avec nos conditions de nuit tentesques. Hier soir, c’était rasade d’agua caliente dans nos bouteilles en plastique en guise de bouillottes. Ça chauffe le sac de couchage et le lendemain, ça nous fait de l’eau potable pour nos gourdes ! De mon côté, je mets des gants et je triple les paires de chaussettes ! 

Ça aurait presque été niquel si mon nez ne s’était pas bouché vers minuit, provoquant de belles apnées, renforcées par l’altitude. 

Bref, cela ne nous empêche pas de nous réveiller à 4h10, de nous préparer, de petit-déjeuner et de nous mettre en route. 

En guise de mise en bouche, le premier pass de la journée avec 400D+ et son 4 985m d’altitude qui nous fait basculer vers le lac Kayrawiri puis le glacier Cerro Grande Laya. Le cœur pompe vite mais nous semblons acclimatés. Ça tombe bien parce que la difficulté suivante c’est notre premier 5 000 à tous. 5 036 m pour être précise afin d’atteindre la montaña Vinikunka. À la clé, une vue à couper le souffle sur la montagne des 7 couleurs, formée il y a des millions d’années dont ses couleurs proviennent de la compression de minéraux et du mouvement des plaques tectoniques ! À cette heure-ci, à peine 8 heures, nous sommes presque seuls au monde, un moment unique !

Pour le retour au camp, un autre pass à franchir que nous avions descendu le matin. Là, c’est une autre paire de manche : 850m de distance pour 200m de dénivelé +. Ce n’est pas un km vertical mais quand on le regarde, ça fait bien raide ! 

Là, c’est musique dans mes oreilles et je me concentre sur mes pas, à l’écoute de ma respiration. Il me faudra un peu moins de quatre chansons pour atteindre le sommet. 

Ensuite, c’est roulant descendant jusqu’au camp où nous attend un autre délicieux repas. Ce midi, le chef a carrément fait un gâteau pour le dessert ! Je suis impressionnée par leurs prouesses culinaires à plus de 4 500 m d’altitude ! 

Après tout cela, nous avons deux options. Marcher 6 km et nous poser sur une zone de campement. Avec toilettes en dur svp. Ou alors prolonger de plus de 2 heures en anticipant dès cet après-midi le pass que nous aurions dû franchir que demain matin. 

Il s’agit du col Palomani. 2,5 km d’ascension et 460m de dénivelé le bébé ! 

Le groupe choisit de le franchir dès cet après-midi alors comme dirait Cirilo, « c’est parti mon quiqui » ! Il estime entre 1h20 et 1h30 de marche. Je me cale à nouveau sur ma musique et je me crée une cadence de suivi, un « toc » si vous voulez : j’attends la fin d’une chanson et le début de la suivante pour checker où j’en suis du dénivelé. Il monte très très doucement. Il me faudra 16 chansons pour arriver au sommet à 5 200m. Ou peut-être était-ce 17 ou 18. Pour ma défense, à plus de 5 000, on perd 50% d’oxygène ! Il m’aura fallu 48’34 pour franchir le panneau, juste sur les talons de Regis. Dire qu’il trouve toujours que je ne pousse pas assez sur les pédales à vélo ! 

À peine le temps de savourer notre « victoire » que nous devons vite nous rhabiller, il fait vite froid quand on s’arrête ! Au bout de 45’, le groupe se reforme et direction le camp de base pour la nuit !

Nous aurions dû nous installer sur une zone qui comportait une maison en dur. Chauffée aux panneaux solaires. Soit la perpective d’un dîner presque au chaud. Mais on s’est fait griller la priorité. Nous devrons donc marcher 20’ de plus pour retrouver notre équipe adorable de quechuas en bordure de rivière dans la vallée Jampa. 

Nos tentes sont déjà montées. Plus qu’à gonfler le matelas, installer le sac de couchage, faire la toilette de chat comme dirait ma petite maman et passer à table. Le chef a un peu de retard ce soir alors c’est Uno partie en attendant avec thé, pop corn et petits biscuits. 

La montre a enregistré 24km, 1200 de dénivelé, j’ai faim ! 

Jour 10 II Lundi 16 mai – trek massif de l’Ausangate (4/4)

Pour la première fois depuis quatre nuits, je n’ai presque pas eu froid. Il faut dire que nous sommes un peu redescendus en altitude. Cela n’empêche pas que nos tentes soient recouvertes de rosée glacée au réveil à 6 heures. 

Et pour notre dernière journée de marche, le chef s’est dépassé pour le petit-déjeuner avec notamment des doughnuts et un banana bread tout chaud nappé de chocolat à tomber !

Au programme du jour : un dernier pass à 5100m, le Jampa Pass après avoir marché dans le décor des glaciers Tres Picos et Puca Punta. Pour le franchir, 5km d’ascension et 445m de D+. Il me faudra un peu plus d’1h18 pour en venir à bout, toujours en me calant sur les pas de Cirilo. J’ai aussi repris ma routine musicale : je regarde mon avancée sur la montre seulement quand une chanson se termine et la suivante se déclenche. Cette fois, je ne compte pas le nombre de morceaux en revanche. Il y en aurait trop ! 

Vers midi, nous arrivons à la tente du déjeuner avec deja près de 14km dans les pattes. 

On reprend des forces délicieusement préparées comme d’habitude et c’est la descente finale jusqu’au poblado de Pacchanta. 

En tout, un peu plus de 20km parcourus pour boucler l’itinéraire. 

Ce soir, pas de tente, des mini maisons primaires soit 4 murs et des lits posés à l’intérieur. 

J’avoue, j’ai tenté de rentrer plus tôt sur Cusco car envie d’un vrai lit, d’une bonne douche, etc. 

Mais n’ayant pas de réseau, Matthieu ne pouvait pas m’aider à m’assurer la réservation d’une chambre alors j’ai joué la sécurité. Et puis qu’est-ce qu’une nuit rudimentaire de plus après tout ?… 

Je me joins alors avec plaisir au groupe pour la séance sources d’eaux chaudes, situées en contrebas de nos logements – 5 soles l’entrée. 

Cela fait du bien aux jambes et à défaut d’une bonne douche… 

Je profiterai quand même, à la fin, de la cascade d’eau froide et du savon d’Alep de l’ami Ludo pour le laver du mieux que je peux. Un pur bonheur ! 

Pour le dîner, plus de tente non plus mais une « salle à manger ». Bref, on est entre quatre murs ! 

Les conditions changent mais le chef se dépasse encore une fois. Pour ce dernier repas d’itinérance : du lomo saltado, une des spécialités du Pérou, et un gâteau au chocolat. 

À 20h30, tout le monde est au lit ! 

Au total, nous aurons marché près de 60km, franchi 7 pass dont 3 à plus de 5 000 et 2 à 4 985m et gravi près de 3000 D+ en cumulé. Bref, j’ai expérimenté mon premier vrai trek !

Pour bénéficier de l’exceptionnel accompagnement de Cirilo et de son équipe : cigohotrek@hotmail.com

Jour 11 II Mardi 17 mai – retour à Cusco, repos !

Une confidence : j’ai eu chaud cette nuit ! J’ai dû enlever les chaussettes et quelques couches de vêtements au fur et à mesure que les heures s’égrenaient. 

Et j’ai franchement bien dormi. Et quand je rejoins les copains au petit-déjeuner, cela semble plutôt faire l’unanimité ! 

Hier, le chef m’avait parlé d’une « sorpresa » pour ce dernier petit-déjeuner. Elle prend la forme d’un nouveau gâteau exquis. Généralement, je ne prends pas de petit-déjeuner mais là, je me dois lui faire honneur ! 

Vient ensuite l’heure des tips pour notre super équipée. La tradition : on fait un pot commun et puis, pour celles et ceux qui le souhaitent, au moment des accolades individuelles, on peut glisser discrètement une somme supplémentaire. 

À 8h30, c’est retour dans le van pour un peu plus de 3 heures de route vers la civilisation…

Sans surprise, le retour est toujours plus long que l’aller. Mais au bout, l’hôtel de Cusco… et la douche !! Cinq jours que je l’attends, c’est le bonheur absolu ! 

On profite d’être de retour en ville pour déposer nos vêtements en laverie. Ce n’est pas que ça sent le phoque mais un peu quand même. 

Pour le déjeuner, je quitte mes copains de voyage pour profiter un peu de la solitude. Une escale au mercado San Pedro pour goûter un nouveau jugo natural delicioso puis cap sur le Choco Museo afin de goûter le brownie dont nous parle Matthieu depuis une semaine. Je ne suis pas déçue du voyage gustatif ! 

J’en profite pour effectuer quelques emplettes chocolatées et, en repartant je tombe sur les « super hikers » qui ont reçu ma photo du brownie et souhaitent goûter eux aussi ! 

Balade en ville, récupération du linge propre – j’en ai déposé 6 kgs quand même ! – et préparation du sac pour notre troisième et dernière étape du voyage qui démarre demain. 

Ensuite, il ne reste plus qu’à attendre notre réservation chez Organika pour le dîner

Il fait partie de la « chaîne » Yaku et Rucula que nous avons déjà testé et c’est en effet une valeur sûre, même si pour moi il se classe en troisième position derrière Yaku en 1 et Rucula en 2.

Je prends les gnocchis sauce citrouille, accompagnés de légumes et un tiramisu sur lit de brownie, une tuerie ! 

Jour 12 II Mercredi 18 mai – en vol vers Arequipa pour l’ultime étape du voyage

Adios Cusco ! Ce matin, nous embarquons à nouveau avec la compagnie aérienne Latam pour la dernière étape de notre voyage : Arequipa, au pied des volcans Misti et Chachani, dans les Andes péruviennes. 300 jours de soleil par an paraît-il. En tout cas, il est bien présent quand nous nous posons sur le tarmac.

À l’aéroport, c’est Carlos et son van qui nous récupère. Direction notre hôtel San Agustin, en plein cœur du centre historique de la ville blanche. 

Dès les premiers kilomètres, nous pouvons voir que la ville est bien plus cossue que ce que nous avons connu jusqu’ici. Pas étonnant quand on sait que c’est la deuxième plus grande ville derrière Lima (avec seulement 1,2 millions d’habitants). 

Notre hôtel est magnifique, quel luxe après 5 nuits en mode « roots ». Ses façades de pierres volcaniques et son patio arboré lui donnent un côté très chic. Matthieu nous a gâtés ! 

Pour le déjeuner, c’est libre alors avec Régis, nous nous mettons en quête d’un « café ». Il veut du salé, moi du sucré. Sauf que pour nous compliquer la tâche, à chaque fois qu’un endroit nous séduit tous les deux, une fois que nous souhaitons passer la commande ils n’ont plus ce que je souhaitais prendre. Nos pérégrinations nous conduiront finalement chez Capriccio

À 14h, c’est le rendez-vous avec Mona, notre guide francophone, pour une visite guidée de la ville. 

Personnellement, elle ne m’a pas emballée. Sa présentation est décousue, on ne suit pas l’histoire de la ville. Bref, elle ne capte pas mon attention et je n’en retiendrai pas grand chose. 

Au bout de deux heures, c’est quartier libre. Nous faisons le plein d’eau pour notre aventure de demain (to be continued) puis les boutiques. Mais l’inspiration ne vient pas. 

Je suis également en recherche de chaufferettes. Étant sujette à la maladie de Reynaud, elles pourraient m’être utiles vendredi – to be continued bis – mais nous faisons chou blanc y compris au centre commercial – où pour rentrer, vous devez porter double masque et présenter un certificat de vaccination 3 doses en format papier ! 

Avec la nuit qui tombe – tôt – il commence à faire frais et nous avons nos paquetages à faire ! 

Pour le dîner, on se retrouve au 13 Monjas. Je n’ai pas suivi les copains sur les pizzas, j’aurais dû car mes ravioles, bien que bonnes, étaient en quantité légère. J’ai finalement dû me rattraper avec le tiramisu ! 

Le cadre est très sympa, c’est plutôt bon mais la musique est bien trop forte et c’est difficile de s’écouter parler, dommage. 

Jour 13 II Jeudi 19 mai – Trek Chachani 1/2

Ce fut l’une de mes meilleures nuits depuis le début du séjour. Chambre au top, la literie qui sent bon… c’est plutôt une bonne nouvelle vu ce qui nous attend. 

En effet, le dernier défi du voyage est devant nous : l’ascension du volcan Chachani, perché à 6 074m. Entre 40% et 37% d’oxygène disponible seulement. 

C’est Carlos et Carlos, père et fils, qui nous récupèrent vers 9h20 en 4×4 pour environ 3h de route. Nous sommes alors à 2 500m d’altitude et nous nous garerons à 5 000m. Nous avons déjà perdu plus de 10 degrés depuis notre départ – le tableau de bord affiche 8 degrés. 

Nous mangeons notre sandwich made in « Mamut » et c’est parti pour la courte ascension qui nous mène au camp de base. Nous avons près de 10kgs sur le dos chacun entre le sac de couchage, 4,5 L d’eau chacun (boire + faire la cuisine), les tentes, etc. 

C’est Carlos père qui donne le pas et c’est très lent. Autant j’avais anticipé une vitesse ralentie pour demain, condition d’une montée réussie en altitude, là c’est juste super frustrant, surtout avec le sac à dos qui pèse un corps mort. 

Environ 1h15 plus tard, nous arrivons et installons notre campement qui se situe à 5 200m d’altitude. 

Il n’est que 15 heures. Le temps est suspendu. Deux parties de Time’s Up aideront à faire passer le temps !

À 17h30, c’est déjà l’heure du dîner. Carlos fils nous a preparé une délicieuse soupe de vermicelles et d’excellents spaghettis bolognaise. Il faut dire qu’avec le froid, nous allons brûler des calories. 

Ça commence d’ailleurs dès la nuit. Un très mauvais moment pour moi. J’ai très froid, je n’arrive pas à dormir. Avec le retour en altitude, les apnées du sommeil reviennent un peu. Et les heures s’égrènent très très doucement. 

En fait, j’avais tort de penser que ma première nuit en tente dans le massif de l’Ausangate était la nuit la plus froide que je n’avais jamais vécue. Je n’avais encore rien vu… Je n’avais pas de thermomètre mais avec le vent glacial, je pense qu’il faisait -10. Vous n’étiez pas là de toute façon alors vous ne me contredirez pas ! 😉

Jour 14 II Vendredi 20 mai – trek Chachani 2/2

L’heure du réveil à 3h n’arrive pas assez vite. 

Il faut en plus trouver du courage pour sortir du sac de couchage alors que l’intérieur de la tente est gelé. 

J’enfile six couches en haut, deux couches en bas, deux paires de chaussettes et trois paires de gants. 

À l’ouverture de la toile de tente, c’est un vent glacial qui nous cueille. 

Alors que depuis quelques mois, je développe la maladie de Reynaud, nous ne sommes même pas encore partis que mes doigts et mes orteils sont aux abonnés absents. Heureusement que Régis est là pour m’aider à finir d’accrocher mon paquetage !

Le programme est chargé en plus : 3,7km d’ascension pour 900D+ avec donc 40% d’oxygène à partir de 5600m/5700 d’altitude. 

Carlos prévoit 5 heures de marche. 

Je me cale dans ses pas. Très lents encore une fois. Sans aucun doute, l’une des clés du succès pour arriver au sommet mais c’est très fatiguant aussi de ne pas marcher à son rythme. 

Toutefois, plus que la marche, c’est le froid qui me fait souffrir. Alors qu’il fait encore nuit noire, je ne peux m’empêcher de me demander ce que je suis venue faire dans cette aventure ! Sérieux, marcher à deux à l’heure, sans rien voir, dans un froid polaire, faut être un peu dingo quand même…

Régis m’aide à m’hydrater et à m’alimenter vu que je n’ai plus l’usage de mes mains ou presque. Merci à lui ! 

Finalement, nous mettrons 3h54 pour tutoyer les 6 074m – dont près de deux heures dans la nuit noire – qui nous livrent une vue magnifique sur le Misti et les volcans alentours. Les 200 derniers mètres de dénivelé nous semblent interminables. Le chemin est escarpé, il y a de la neige gelée. Au sommet, nous immortalisons notre exploit rapidement car le froid nous paralyse. Et, en un glissement de seconde, j’oublie presque tout et je me dis que ça valait vraiment le coup !

Nous avons vraiment été bien acclimatés – merci Matthieu ! – car ni l’altitude ni le manque d’oxygène n’ont perturbé notre effort. Bon, je ne vous dis pas qu’on l’aurait fait en courant mais on a plutôt très bien géré au final. 

La descente sera bcp plus rapide ! En 58’, j’ai rejoint le campement. Je me suis amusée à glisser dans les cendres en courant. Je suis surtout heureuse d’avoir recouvré mes terminaisons nerveuses avec le soleil qui nous a enfin rejoints et qui nous réchauffe. 

Reste à démonter les tentes et à refaire le chemin inverse jusqu’aux 4×4. Cette portion sera interminable tant Carlos marche doucement. 

Je profite de la longue route en voiture pour piquer un somme réparateur. Mais le meilleur moment sera celui quand on se pose à la crêperie Crepisimo de l’Alliance Française, à deux pas de l’hôtel. Il est près de 14 heures et je succombe au plaisir de « La decadente », une crêpe composée de morceaux de brownies, de noisettes, de chantilly et de chocolat chaud. Après l’effort, le réconfort ! 

L’après-midi passe vite entre la douche bienvenue – et le brossage de dents ! -, le paquetage – demain c’est déjà le retour – et un dernier tour en ville sous le soleil d’Arequipa. 

Pour notre dernier dîner, c’est Matthieu qui régale chez ZigZag. Leur spécialité : viandes et poissons sur pierres volcaniques. 

Je me laisse tenter par de l’alpaca pour ce dernier repas et c’est fantastiquement bon. En dessert, le brownie évidemment avec sa boule de glace vanille. 

Une adresse 100% validée : cadre élégant, service accueillant, plats généreux. Parfait pour se remettre de nos aventures alpines !

Jour 15 II Samedi 21 mai – the end

Voilà, c’est fini. Un dernier vol intérieur vers Lima puis il est temps de décoller vers Paris en fin de journée.

Des heures passées dans les aéroports et les avions pour digérer l’aventure et apprécier les « exploits » réalisés.

Les voyages proposés par Matthieu ont la magie de vous faire oublier le temps qui s’écoule. Ces deux semaines sont passées doucement, au rythme de nos pas dans les montagnes péruviennes, la plupart du temps, coupés du monde. Une recette idéale pour se ressourcer, oublier et se reconnecter à son corps et à son esprit. Une recette idéale aussi pour se dépasser et se convaincre que « the sky really is the limit »… and nothing else !

Les progrès de Sylvia en voyage roots : 

  • ne pas se doucher pendant 4 jours ✅ 
  • Faire une toilette de chat pendant 4 jours ✅ 
  • Garder le même pantalon pendant 4 jours – mais le sous-vêtement change ✅ 
  • Oublier parfois de se nettoyer les mains au gel hydroalcoolique ✅ 
  • Dormir en tente par -5 degrés voire plus – si si ! ✅ 

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