Jour 1 :
Il y a longtemps que je n’avais pas partagé de voyage marathon ici !
En 2026, je mets le cap sur Berlin pour mon troisième Major après NYC en 2022 et Chicago en 2024 et mon neuvième marathon en tout.
Cette fois, c’est Johann, mon acolyte du club de triathlon, qui m’accompagne. C’est son premier Major !
Pleins de bonnes intentions, nous avions réservé des billets de train pour le trajet Nantes – Berlin. Il y a un mois, la SNCF nous a informés que notre train était supprimé… Nous avons donc dû nous rabattre sur l’avion et rajouter 300€, comme quoi les bonnes actions ne sont pas toujours récompensées…
C’est donc à bord du vol de 13h de Transavia que nous avons embarqué pour deux heures de voyage.
Petit choc thermique en touchant le tarmac, il ne fait que 14 degrés, le ciel est gris tandis que nous avions laissé Nantes sous le soleil, le ciel bleu et 30 degrés !
Il y a 10 ans, j’étais venue visiter Berlin et j’avais trouvé compliqué de se repérer dans les transports, ce n’est toujours pas mieux.
Mais je suis plus aguerrie, je nous amène plutôt facilement jusqu’au train, direction le Scandic Hôtel, réservé par France Marathon à qui nous avons délégué l’organisation de notre séjour sportif. Emplacement idéal pour le marathon !
On dépose les valises, on se rafraichit et hop, on file récupérer les dossards au Flughafen Tempelhof, un aéroport transformé en en « parc » suite à son arrêt en 2008.
Si le décorum est intriguant, l’organisation est plutôt… désorganisée.
Je commence à avoir un peu d’expérience et là, c’est un peu n’importe nawak. D’ailleurs, les quelques personnes avec qui nous discutons partagent le même constat.
Le parcours n’est pas du tout user friendly. On passe notre temps à faire la queue, un coup pour le dossard, un coup pour le check-in, etc. Les stands de l’exposition ne donnent pas du tout envie d’acheter, les tailles sont mélangées, certains prix prohibitifs. On arrive quand même à passer un bon moment car ça reste le marathon de Berlin et l’ambiance est conviviale.
On y passe d’ailleurs pas loin de trois heures, heureusement qu’on maîtrise de mieux en mieux les transports en commun car on est pressé de rentrer – et on n’est pas tout seul… !
À 20 heures, on est cuit ! Nous sommes ravis de ne pas avoir à chercher un resto puisque nous avons amené notre repas – j’essaye de préserver mon estomac après mes deux malheureuses expériences à Chicago et Rotterdam 🤞
Demain, place au tourisme !
Jour 2 :
Ah si seulement le marathon avait lieu aujourd’hui ! Au réveil, toutes les data Garmin sont au vert ! Score de sommeil : 100. Body Battery : 100. Préparations entraînement : élevée.
À défaut, c’est par un mini run d’activation que nous commençons la journée en allant repérer les sas de départ. Il est 7h20, il fait 8 degrés, c’est frais.
Si le circuit de repérage est court, nous constatons déjà que les longues lignes droites vont nous coûter mentalement…
De retour à l’hôtel, douche rapide et direction petit-déjeuner. Correct, c’est varié en sucré comme en salé mais sacrilège : rien à base de chocolat !
Rassasiés, nous attaquons nos visites. Le ciel est bleu, le soleil brille, le Mercure grimpe, c’est parfait !
Nous commençons naturellement par Checkpoint Charlie puis nous nous dirigeons vers le Reichstag. Toutefois, avec la course des 5km, la porte de Brandebourg est impraticable alors nous en profitons pour observer la finish line de demain – spoiler alert, elle est interminable – et nous modifions notre trajet pour rejoindre le DDR Museum, consacré à la vie en Allemagne de l’Est. Là où j’avais payé moins de 10€ il y a 10 ans, le ticket coûte désormais près de 20…
Le cheminement n’a pas vraiment changé mais le propos reste intéressant. Ne jamais oublier les dictatures…
Ensuite, nous mettons le cap sur Alexander Platz, en passant par le Berliner Dom. Là, se dresse toujours la fabuleuse Berlin TV Tower, qui pointe à plus de 300 mètres.
L’ascenseur nous amène jusqu’à 203 mètres pour une vision 360 de la ville. Le ciel, plutôt dégagé, nous permet de voir assez loin. Là aussi, l’inflation est passé par là : 26,50€ le ticket standard vs 14 il y a 10 ans…
Mais finalement, le meilleur moment, c’est presque la séquence avec le casque de réalité virtuelle, qui nous fait voyager dans Berlin de 1400 et des poussières à 2022. C’est compris dans le ticket, dès lors qu’il y a de la place dans l’espace dédié.
Il est déjà 13h30 quand on se pose au soleil, au pied de la Tour, pour grignoter un snack.
Quand on se remet en route, c’est pour aller voir le Mémorial Berlin Wall avant de nous glisser, enfin, le long de la Spree River et remonter jusqu’au Reichstag.
Quelques dernières photos et il est temps de retourner à l’hôtel pour une grande séquence de repos.
Il est presque 16 heures quand on arrive, près de 15 kilomètres dans les pattes. Avons-nous fabriqué du bon jus ? Réponse demain !










Jour 3 :
Ce n’était pas prévu mais ma journée démarre à 2h18. Un réveil dans la nuit et impossible de me rendormir.
Heureusement, je m’étais couchée et endormie tôt, j’ai ainsi bénéficié d’un « long sommeil profond » dixit Garmin. On se rassure comme on peut.
Après, comme dirait mon cher Jean-Marie, ce n’est pas la dernière nuit qui compte. Spoiler : il aura raison.
J’attends 5h, je me lève sans bruit et je descends au lobby pour réchauffer mes pancakes maison et manger en lisant quelques articles du Monde.
Un peu de renfo, douche, habillage, il est rapidement 7 heures, l’heure de se mettre en route pour notre sas.
Bon, je ne sais pas trop pourquoi on a repéré le chemin hier car on passe complètement ailleurs ! Mais on retombe sur nos pattes, c’est le principal.
Johann est en E, moi en B, on papote 15’ et on se sépare à 7h30.
C’est alors (et toujours) le moment le plus long. L’attente du pistolet de départ.
Ce qui est bien, c’est qu’on peut entrer et sortir du SAS pour aller aux toilettes. En même temps, il n’y en n’a pas dans le sas.
J’ai enfilé la super chemise de Johann pour me tenir chaud. Le ciel est d’un bleu parfait, le soleil commence à pointer son nez et il fait 14 degrés, parfait. Mais un petit vent rafraichit la ligne de départ.
Bon an mal an, entre les podcasts et la lecture, le temps passe et 8h45, mon heure de départ, arrive plutôt rapidement.
Surtout, l’avantage des Majors, c’est qu’on part à l’heure ! À 8h47, je suis en route !
Ma stratégie est la suivante pour (enfin) passer sous les 3h30 : partir à 5 au kilo, voire 4’50 et si, après le semi, je le sens bien, je bascule sur l’allure 4’40. Bref, de faire un negative split.
Autre élément à prendre en compte : pour contrer mes problèmes gastriques qui étaient, selon mon mon gastro-entérologue, liés à des ischémies du colon en raison de l’intensité et sur les conseils de mon osthéo, j’ai fait tous mes rappels d’allure en prépa à 4’30. Objectif : m’acclimater à l’intensité et que mon estomac apprécie quand je vais un peu moins vite.
Sauf que, forcément, au coup de pistolet, je me cale directement sur 4’35. Je sais que je ne tiendrai pas cette allure mais je n’arrive pas non plus à tenir 4’50 alors je me glisse sur 4’45, qui semble le bon compromis.
Mentalement, c’est dur, je suis la seule à « freiner » dans la ligne et je me fais doubler de tous les côtés. Mais je m’en tiens à mon plan. Rira bien qui rira le dernier.
La météo est idéale, la « circulation » fluide. Ça me prend un peu de temps à trouver la ligne bleue pour courir à la corde car elle n’est pas hyper marquée mais une fois que je l’aurai, je ne la lâcherai quasiment plus.
Avant de partir, j’avais glissé sous mon brassard une anti-sèche avec les temps tous les 5 kilomètres pour tenir les 3h30. Ma référence, c’est 24’50.
Religieusement, je bipe tous les 5 et j’ai quasi 1’30 d’avance à chaque fois.
Les 15 premiers kilomètres passent plutôt rapidement. J’ai déjà pris 2 gels Precision Fuel (toutes les 40’), recommandés par ma super boutique de running à Nantes (l’Atelier du Running), et l’estomac semble encaisser. En revanche, je sens que je ne pourrai pas forcément inverser la vapeur après le semi. Dès lors, je décide de maintenir cette allure, de jouer le métronome plutôt que le negative split.
Je plie le semi en 1h39, si je me projette, ça veut dire que le 3h20 est à portée. Mentalement, c’est un poil plus facile aussi : c’est moi qui commence à doubler.
Le couac que je n’avais pas prévu car cela ne s’est jamais manifesté en prépa lors de mes sorties longues : les quadri commencent à se contracter sévère à partir du 25ème kilomètre.
D’une part, je pense que je n’ai pas assez bu (ma flasque isotonique de 500 ml est quasi vide depuis un bail), d’autre part, je pense que je manque d’électrolytes.
Alors, au 32ème, après environ 2h30 de course, je switch pour un ravito salé, la purée cacachuètes de Meltonic. Je ne sens pas un effet fulgurant mais il faudra faire avec. Car, à partir du 35ème, c’est carrément du béton.
Je commence alors à m’arrêter aux stations de ravito pour boire de l’eau – et éviter une crampe naissante dans les orteils gauches.
Tiens, d’ailleurs, parlons-en des stations de ravito. Berlin pourrait s’inspirer de Paris. Pas forcément pour supprimer les gobelets mais, au moins, pour délimiter des zones de propreté (début / fin) et, surtout, obliger à viser les poubelles. C’était l’enfer de traverser ces passages. Et je ne parle même pas du fait que les gobelets sont en plastique plutôt qu’en carton…
Revenons-en à nos moutons. Après ma première pause aquatique, je sens que ça reste coincé mais ça aide un peu. Toutefois, je suis récompensée par un point de côté à gauche. Là, je dis, qu’il va vraiment falloir serrer les dents.
Au 38ème, je trouve de quoi remplir ma flasque et là, c’est décidé, je maintiens l’allure, je garde mon objectif et si ça pète, ça pète. Car malgré ces quelques déboires, mon allure ne baisse pas particulièrement et même si je marche quand je m’arrête boire, j’ai encore suffisamment de jus pour relancer quand je redémarre et me recaler rapidement.
Malgré les cuisses en vrac, les derniers kilomètres s’écoulent rapidement. Quand je vois pointer le 40, je sais que je tiens mon RP ++. Alors, forcément, je ne sprinte pas comme j’aurais aimé pouvoir le faire mais j’arrive toutefois à augmenter un poil la cadence en passant la vitesse du 4’35.
Et, enfin, la porte de Brandebourg apparaît au loin. Je sais que l’arrivée est 400 m derrière, plus qu’à dérouler.
Chrono final : 3h18’43, c’est 16 minutes de mieux qu’à Chicago en 2024. J’ai tout bien digéré, l’estomac a tenu, seules les cuisses ont besoin d’une révision.
Je récupère ma médaille, mon sac ravito – très bon croissant au chocolat -, j’avale ma crème amande vanille de récup by Meltonic et j’attends Johann. Je reste debout, c’est préférable, pas sûre de me relever sinon.
Au bout d’une heure, je me rends compte que je n’ai pas récupéré mon poncho. Déjà qu’ils ne nous ont pas offert de teeshirt finisher, je ne vais pas leur faire cadeau du poncho ! Résultat des courses, je me retrouve à l’autre bout du Finish Line Village mais j’ai vue sur le Reichstag !
Avec Johann, on galère un peu à se retrouver en raison d’un réseau un peu défaillant mais la jonction finit par se faire.
Et là, commence une autre aventure : celle de rentrer à l’hôtel. Place aux démarches en canard dans le métro, aux détours pour éviter la foule et les barrières. Bref, il nous faudra 1h30 pour faire 2,5 km !
Pour fêter dignement nos médailles, on s’installe pour dîner chez Die Horn, hors du centre ville. Un menu resserré, tous les plats sont à base de dumplings et tout est fait maison. Un régal ! Un peu cher mais l’occasion est spéciale !















Jour 4 :
L’avantage de se réveiller à 2h18 avant de courir un marathon ? On s’endort tôt !
Je pense qu’à 21h30, j’étais partie dans les bras de Morphée.
Seuls les deux réveils nocturnes m’ont rappelé que les quadris, eux, n’étaient pas encore tout à fait en paix.
Pour les remettre en route, rien de mieux qu’une visite à vélo avec « Berlin on bike », organisée par France Marathon. Enfin, avant, il faut monter, descendre les escaliers du métro, c’est un peu moins fun.
Malgré notre allure canard boiteux, nous arrivons à l’heure pour retrouver notre guide Thomas.
Pendant trois heures, nous déambulons au fil du « mur de Berlin », de sa construction à sa chute. Le parcours est varié, les rues sont calmes, le ciel est d’un bleu parfait et le récit est parsemé d’anecdotes croustillantes. En bref, un très bon moment !
Nous choisissons ensuite d’aller observer la East Side Gallery. Un peu ambitieux, nous prenons nos pieds plutôt que le métro, on est un peu cuit à l’arrivée.
On renonce donc au musée de la Topographie des Terreurs afin de rallier directement Potsdamer Platz pour une micro séquence shopping puis l’hôtel pour une pause bien méritée dans notre programme de ministre !
Nous sommes ressourcés quand il s’agit de nous attabler chez Paulaner, à quelques encablures de l’hôtel, une adresse reconnue pour sa gastronomie allemande.
Je mise sur les saucisses, Johann sur le Chicken Shnitzel sans oublier l’Apple Strudel en dessert.
Le serveur est adorable, les assiettes généreuses et les plats savoureux.
Pour faire glisser ? Une dernière marche by night à la porte de Brandebourg car, mine de rien, on l’a seulement vue sur la Finish Line du marathon car tout était bloqué depuis notre arrivée dans le périmètre.
Good night and see you soon!
PS : j’ai enfin trouvé la pâte à tartiner ce matin au petit-déjeuner ! 😋
























