Népal, part IV : dans la jungle, pluvieuse jungle

Day 15, jeudi 30 octobre 

Ha, une autre bonne nuit ressourçante ! 

Les yeux s’ouvrent tout seul à 5h50, nickel pour le petit dej à 6h30. Je sens que le dos a bien travaillé hier…

Aujourd’hui, c’est la jungle ! 

On s’équipe en couleurs qu’il faut et petit détail : chaussettes sur pantalon pour éviter les sangsues, ça promet !

Bon, quand je sors pour rejoindre la table du petit déjeuner, c’est un crachin nantais qui me cueille. 

Je reste confiante. 

Je le suis un peu moins quand on embarque à bord de la pirogue et que la crachin nantais vire à la pluie tropicale. 

Florian avait annoncé une navigation de une heure, c’est plutôt près de deux heures sur la rivière Rapti, qui traverse le parc national de Chitwan. 

Deux heures, c’est long quand vous êtes trempés et qu’en plus il n’y a rien à voir. Car nos trois guides ont beau jouer les capitaines à l’affût, c’est évident que la faune est repliée. J’avais vécu la même expérience au Costa Rica mais l’équipage avait alors rebroussé chemin. 

Nous apercevons bien une cigogne et les yeux d’un croco mais il faut bien regarder au loin. 

Vient ensuite le temps d’explorer le parc national de Chitwan à pied lors d’une randonnée à travers la forêt. 

Mais là aussi, c’est forcément chou blanc. 

Bien sûr, on voit bien des crottes de rhino, de tigre ou d’éléphants mais point d’animaux ! 

Je peux vous dire que les tailles sont bien différentes. On voit aussi des griffes de tigre ou d’ours sur les arbres mais zéro mammifère. Y compris depuis les tours d’observation. Mais les guides continuent de faire genre et c’est un chouïa agaçant. 

C’est dommage car le parc national de Chitwan est un lieu de conservation important pour de nombreuses espèces menacées d’extinction. 

Un peu avant midi, les guides décrètent la pause déjeuner depuis l’une des tours d’observation. Au moins, nous serons à l’abri. Même si nous faisons connaissance avec les sangsues, des vraies de vrai, c’est d’ailleurs ce que nous verrons le plus avec les excréments d’animaux… et la pluie of course. 

Quand on se remet en route, la pluie redouble d’intensité. 

Le guide indique même à Isabelle qu’il range les jumelles dans le sac. Signe, comme le pointe justement Céline, qu’on ne verra rien. 

Pourtant, les guides continuent d’essayer de capter notre attention avec trois singes ici et deux biches par là mais le cœur n’y est plus. 

Dans ma tête, je suis déjà en train de réfléchir à mon plan B : dénicher une nuit à l’hôtel plutôt que de dormir ce soir en pleine nature en Jungle Tower, même si ça veut dire zapper la marche demain. Vu que la météo s’annonce pire, ce ne serait pas trop grave. 

Vers 15h, ultime étape, reprendre la pirogue pour traverser la rivière. 

Je retrouve aussi une connexion internet et Booking qui m’annonce 18€ la nuitée. J’étais prête à mettre 100 ! 

Le programme initial consistait à récupérer quelques affaires à l’hôtel, filer à la Jungle Tower, une cabane en hauteur en plein cœur de la jungle afin de bénéficier de l’observation nocturne de la jungle et augmenter nos chances de voir des animaux sauvages. Autant vous dire que vu le temps, c’était compromis. 

Quand on arrive à l’hôtel, j’annonce à Florian que je vais demander une chambre. À ma grande surprise (qui me va très bien !), Céline et Hervé veulent faire de même. Seules Corinne et Isabelle poursuivent l’aventure humide. 

De mon côté, aucun regret. Je suis ravie de prendre une bonne douche chaude et de commencer à faire sécher mes affaires. 

Avec mes deux amis rescapés, on se retrouve à 17h autour d’un thé au restaurant de l’hôtel. Et on refait le monde. On enchaîne avec un délicieux mixed fruit Lassi, des veggie momo pour moi et des pizzas pour eux. Céline se laisser tenter par un dessert, une crêpe bananes qui arrive en deux exemplaires, j’ai le plaisir d’en goûter un morceau, c’est divin ! 

Une fin de journée parfaite, en compensation d’une journée un peu compliquée. 

On verra demain comment m’occuper, en attendant, une good night bien au chaud 🤗

3 conclusions à cette journée :

1 ma vision de loin n’est plus ce qu’elle était 

2 ma pratique des jumelles est perfectible 

3 je préfère, de loin, le froid à la pluie (même tropicale) et à la boue (même dans les pas des éléphants) ! 

Day 16, vendredi 31 octobre

Et voilà, le dernier jour du voyage, ou presque, est arrivé ! Je me réveille tranquillement à 6h30, ravie d’une nuit ressourçante. Au sec. 

Je prends du temps pour faire des étirements, passer en revue les affaires sèches, pas sèches, commencer à trier pour le grand bagage, le bagage sac à dos, etc. 

Vers 8h, je rejoins Céline et Hervé au petit-déjeuner. Je me régale avec un muesli yogurt banana, un chocolate pancake, un hot chocolate et un fried egg both sides. Tout est super bon ! 

Il pleut des cordes, nous sommes ravis d’être au sec. 

On continue de refaire le monde quand on voit nos compagnons arriver dans la cour un peu après 11 heures. Ils sont trempés jusqu’aux os, des sangsues qui leur courent dessus de partout, j’ai vraiment zéro regret ! 

En parlant de sangsue, j’en ai retrouvé une autre dans mon sac de linge sale ce matin que j’ai encore assassinée par noyade à la chasse d’eau ! Cette bestiole porte vraiment bien son nom, une gageure de s’en débarrasser. 

En attendant que ça se calme (l’iPhone me dit à partir de 14h), je retourne à ma chambre pour bouquiner. C’est bon le repos aussi. 

Vers 13h30, je prends mon courage à deux mains et je décide d’affronter les éléments ! Enfin, je ne suis pas téméraire non plus, l’intensité a fortement baissé. Qu’est-ce qu’un fin rideau de pluie après ce qu’on a traversé hier ?

Les guides ont dit aux filles que c’était similaire à la mousson, qui est censée être finie depuis plusieurs semaines, ils n’avaient jamais vu ça ! 

Mon thème de l’après-midi : me promener dans Chitwan, hors « centre ville », à la rencontre des gens, capter leurs sourires, les enfants qui rentrent de l’école dans leurs uniformes, leur « Namaste » pour une (presque) dernière fois. 

Je croise même la route d’une piste cyclable ! Bon, les cyclistes marchent ou roulent à côté, c’est un concept. 

Autre concept : porter un parapluie en pédalant. 

Je me régale ! Et au final, j’engrange 11,5 km de marche active / découverte. 

Et qu’est ce que je transpire ! Malgré la pluie, les températures restent élevées (24/25 degrés) et le taux d’humidité fait son petit effet. 

D’autant que les manches longues et pantalon sont conseillés pour les moustiques. Même si, dans les faits, on en n’a moins vu que les sangsues, la pluie ou les excréments d’animaux… 

C’est vrai que dans un parc national, propice aux rencontres d’animaux sauvages, ça peut paraître incongru de préférer aller à la rencontre des gens. Mais bon, quand on m’a expliqué la technique de partir en courant en zigzague si un rhino nous chargeait, j’avoue que j’étais moyen convaincue ☺️ Apparement, il a un odorat de fou ! Ah oui, il fallait aussi aller, pour cette raison, dans le sens inverse du vent. Déjà que je ne sais jamais dans quel sens partir pour mes sorties vélo pour éviter le vent de face 🤣

De retour « en ville », il est temps que je fasse un peu de shopping. 

En gros, c’est une rue à remonter et une autre à redescendre. Mais j’y passe quand même du temps à tester, regarder, etc. Au final, je n’achète pas grand chose mais le temps a défilé. 

Je rejoins le groupe au Kinaar River Edge, comme il y a deux soirs, pour un verre. 

Je fais trinquer le Lassi Banana et on débrief de notre voyage. 

Je retourne rapido à la chambre changer de chaussures, déposer le petit shopping et je rejoins la troupe à l’hôtel Riverside pour mon dernier dîner népalais. 

Je me régale avec un Dal Bhat et, en plus, je teste avec la sauce yaourt ! Enfin, un Nepali Thali pour être précise !  Certains à côtés font brûler la bouche mais, encore une fois, tout est est très bon. Localement bon.  

Et parce que c’est le dernier dîner, il mérite bien de conclure sur une note sucrée avec une crêpe Nutella que je partage avec Isabelle. 

Last night in Népal… 

Day 17, samedi 1er novembre 

La nuit n’a pas été des plus sereines et je ne sais pas pourquoi ! En tout cas, à 5h50, je suis debout ! Ce qui me laisse du temps pour bien boucler mes sacs et savourer mon dernier petit-déjeuner népalais. 

En cette dernière journée, le soleil a décidé de rester caché. C’est toujours couvert mais la pluie s’est arrêtée. Même pas de crachin !

Le service du Chatwan Village Resort est toujours impeccable, de même que la qualité du breakfast. Une cheese omelette fondante, un dernier chocolate pancake pour la route et a fruit muesli yogurt onctueux. 

De quoi affronter, les cinq heures de route qui nous attendent. Si tout va bien. 

On plie bagages et quand on met les voiles un peu après 8 heures, la pluie se remet à tomber comme pour nous dire de ne rien regretter. 

En parlant de ne rien regretter, j’ai réglé ma nuitée d’hier : 19,97€ breakfast included, totally worth it!

Visiblement, au Népal, conduire et téléphoner en même temps n’est pas interdit. Et notre chauffeur semble avoir du succès au vu du nombre d’appels qu’il reçoit, inratable au regard du volume sonore. Une autre spécialité du pays ! 

Vers 8h45, micro arrêt du chauffeur, un panneau indique 138 km vers Katmandu. Dans l’absolu, ce n’est pas beaucoup mais pour le Népal…

Alors que la route défile sous mes yeux, je commence à me refaire le film du voyage et quel voyage ! 

Je me rends compte que, avant de partir, j’avais téléchargé un max de films et de séries sur les plateformes. Je n’ai rien regardé. 

J’avais téléchargé un max de livres sur ma Kindle. Je n’ai rien lu (ou presque). 

J’ai les e-mails qui se sont accumulés. Je n’ai rien regardé. Les podcasts qui se sont téléchargés, je n’ai quasi rien écouté. 

Jusqu’à ce voyage en van dans lequel je ne dors pas, contrairement à mes acolytes, et où je me laisse bercer par mes écoutes habituelles. Quelle déconnexion, merci le Népal !

Bon, je reviens assez vite à la réalité quand, à 9h28, on s’arrête. Les véhicules devant nous sont immobilisés, rien ne bouge, les moteurs sont coupés. 

Il se trouve qu’il y a eu un glissement de terrain et que la pelleteuse est en train de déblayer. 

Nous nous remettrons en route une vingtaine de minutes plus tard. 

Notre chauffeur appuie bien sur le champignon. Détail intéressant : pour doubler, pas de clignotant mais le klaxon. 

Globalement, ils aiment bcp ce petit outil sonore, y compris dans les zones comme Chitwan, où des panneaux indiquent pourtant que klaxonner est interdit. 

La route est bien défoncée, avec des portions gorgées d’eau. Je ne pensais pas que nous serions encore autant secoués sur ce trajet. 

Sur le parcours, nous découvrons aussi les aires d’autoroute népalaises. Franchement, c’est correct pour une pause pipi. 

À 14h26, le van nous dépose enfin à l’hôtel de Kathmandu où nous avons retrouvé le soleil mais il y fait nettement plus frais qu’il y a 15 jours. 

Traverser la ville est toujours le même bazar, pas de feux de circulation, pas de stop, ce sont des agents qui font passer. 

Je pars à Thamel pour quelques emplettes mais, rapidement, l’effervescence, les klaxons, la foule me fatiguent. Je préfère alors aller me dégourdir les jambes sur le treadmill de l’hôtel avant une bonne douche et le bouclage de sac. 

18h20 est vite là pour grimper dans le taxi. Je suis la première à partir, je ne participerai pas au dernier dîner. Un brownie divin était possible pourtant. 

On prend forcément de la marge pour aller à l’aéroport mais, malgré le trafic dense, mon Uber avance bien et moins de 20’ plus tard, il me dépose. 

20’ qui me suffisent à avoir, je n’aurais pas pensé, un gros pincement au cœur après avoir quitté les copains et le coup de blues qui se dessine déjà. 

20’ pour repenser à tous les pipis debout que j’ai dû faire, en toilettes turques ou en plein air, les aller retours pour chercher du papier toilettes que j’oubliais toujours de prendre avec moi, le lavage de mains à l’eau glacée, souvent sans savon, au brossage / lavage de dents avec les bouteilles d’eau en plastique. Ça, ça ne me manquera pas. 

20’ surtout pour repenser à mon fabuleux voyage avec, au cœur, cette magnifique semaine de trek sous un soleil resplendissant en très bonne compagnie. Ces plats gourmands qui permettaient de recharger les batteries. 

Le sourire des Népalais et leur gentillesse. 

Mon arrivée rapide me sort de ma rêverie. 

Toutes les autres étapes se déroulent tout aussi rapidement. Il ne s’est pas écoulé une heure depuis que j’ai quitté l’Everest Boutique Hotel que je suis déjà installée devant ma porte d’embarquement. Trois heures à attendre. Soit une montée descente au Thorongla Pass. 

Merci le Népal, Namaste ! 

Un commentaire sur « Népal, part IV : dans la jungle, pluvieuse jungle »

  1. quel voyage ! Tout est encore fabuleusement bien raconté !

    je m’y croyais….

    quels souvenirs qui resteront gravés pour longtemps longtemps longtemps ….

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