Népal, part I : immersion à Kathmandu

Day 1, jeudi 16 octobre 

Décidément, cette année, je n’ai pas de chance avec mes transports de vacances. Alors que je voyage tranquillement à bord du TGV Nantes – CDG, Air India m’informe que mon vol pour Delhi est retardé et que ce sera tendu pour la correspondance vers Kathmandu ! 

C’est ça aussi le sel des voyages (ou pas). C’est ainsi que commence ma troisième aventure avec Bucketlist Aventure que je ne vous présente plus !

L’arrivée à CDG se passe sans encombre. Entre le moment où je suis descendue du train et le moment où je m’installe gate C87, 33 minutes seulement se sont écoulées, un record ! 

Conversation incluse avec l’agent bagage qui me garantit, à 1000%, que j’aurai ma correspondance. 

En gros, on est 30 sur le vol à être concernés donc Air India va privilégier l’attente.

Le retard initial de 15’ se transforme rapidement en 20 puis 30 minutes. Je me propose pour aider au nettoyage de l’avion mais je ne fais pas recette. Au final, on décollera avec près d’une heure de retard. 

J’ai mis ce temps à profit pour causer avec un gars qui attendait comme moi l’embarquement de la zone B et qui avait le même sujet de correspondance. Bref, un allié de sprint. 

Premier vol pour moi avec Air India et ce n’est pas un enchantement. Les écrans sont kaput, parfait pour un vol de 10 heures. Un comble pour un pays connu pour ses talents IT, d’ailleurs mes 2 voisins de vol étaient des ingénieurs IT ! 

Quant au service repas, une calamité. Une heure pour servir notre travée et vu que j’étais installée à la dernière rangée, autant vous dire que j’avais les crocs quand mon plateau veggie est arrivé. Clairement, les restos indiens en France, c’est de la gnognote. Ça chauffe bien, heureusement que j’avais attaqué la veille les probiotiques pour préparer ma fleur intestinale ! 

Sans écran, en voulant préserver la batterie de mon téléphone (car les prises électriques ne fonctionnent pas non plus, of course), j’ai enfilé le bandeau de nuit vers minuit et j’ai réussi à dormir jusqu’à 4 heures quand l’hôtesse a crié « breakfast » ! 

À bord, le steward nous dit que l’avion va nous attendre et qu’on sera accompagné pour aller plus vite au niveau de la sécurité. 

Au final, on se pose seulement avec une vingtaine de minutes de retard vs l’horaire initial prévu. Welcome to Delhi, il est 10h10 ! 

Day 2, vendredi 17 octobre

Avec Jean-Christophe, mon allié de sprint rencontré la veille, on marche à grandes enjambées. On s’attendait à une « escorte coupe fil », pas vraiment. En gros, à chaque étape, ils appellent les voyageurs pour Kathmandu et quand on lève la main, ils nous font passer en priorité. 

Nous sommes aussi un peu plus détendus car notre vol suivant a été décalé de 11h à 11h20. 

Par contre, le sécurité, pas rapide. Déjà, il y a une file « male », une file « female ». Et une fois le portique passé, les femmes entrent dans une cabine fermée pour être inspectées. Tous les contrôleurs sont en tenue militaire. 

Bien sûr, mon sac à dos a été retenu par le contrôleur qui me fait passer un véritable interrogatoire : à quoi sert telle batterie, à quoi sert une liseuse ?…

On m’avait dit que l’aéroport de Delhi était immense et on ne m’avait pas menti !

Le chemin vers la Gate 7B est interminable ! Mais, au final, on se pose à 10h38 sur nos sièges. On est laaarge ! 

Sans compter qu’on partira avec du retard sur le retard. 

En vol, on a droit à un nouveau plateau repas et, cette fois, l’équipage est nettement plus efficace. Déjà, ils sont quasi le même nombre pour servir presque quatre fois moins de voyageurs. 

Et ça chauffe toujours un peu la bouche. 

À 13h30, on se pose sur le tarmac de Kathmandu, au lieu de 13h. Moi je dis, bravo ! En plus, le ciel est bleu et il fait chaud. 

Plus qu’à payer mon visa que j’avais pré-commandé en ligne (https://nepaliport.immigration.gov.np/online 50€), faire coucou à l’agent des douanes, repasser la sécurité et me voilà en compagnie de Dilli, notre guide, et d’Isabelle, une de mes co-voyageuses. Il est 13h56 ! 

Et le miracle du miracle : mon bagage a transité sans problème ! 

Il nous faudra finalement plus de temps pour rallier l’hôtel. Sur le papier, ce n’est pas très loin mais une circulation d’enfer ! Et c’est un joyeux bazar avec des motos, des voitures dans tous les sens. Aucun feu de circulation ni de passage piéton. Pas de rond point ni de céder le passage. Ce sont des agents de police qui assurent les tours de passe passe. Ça pétarade, on a bien chaud dans notre pot de yaourt de taxi mais ayé, le dépaysement est intégral. 

Environ une heure plus tard, on pose les valises à l’Everest Boutique Hotel, charmant établissement du quartier de Thamel. Je reconnais bien là le bon goût de Matthieu de chez Bucket. 

Je perds rapidement ma colocataire car, en ouvrant son sac, elle se rend compte qu’elle a pris le bagage de quelqu’un d’autre donc retour à la case aéroport pour elle !

De mon côté, je savoure une bonne douche puis je rejoins Florian, notre accompagnateur, le frère de Matthieu. Vous suivez toujours ? 

Balade dans le quartier pour prendre l’ambiance, faire attention à ses pieds. Ici, pas de pitié pour les piétons ! Tout va très vite, dans tous les sens. 

Après quelques kilomètres de déambulations, je rentre à l’hôtel, coup d’œil au rooftop et détente avant le dîner. Vers 18h, Isabelle revient enfin de son périple !

Le temps passe vite à ne pas faire grand chose – enfin, quand même, j’ai pris le temps de répondre à l’enquête de satisfaction d’Air India, ils ne seront pas déçus ! 

Vers 19h30, on se met en route vers l’hôtel Le Nirvana pour que Isabelle restitue le sac qu’elle avait « piqué » puis direction le Yin Yang pour l’instant gourmand du jour. Sur recommandation de Florian, je choisis le chicken pad thaï, une tuerie ! En guise d’apéro, un jus d’ananas frais et pour la fin, le brownie. Pas le meilleur que j’ai mangé mais qui se tient bien quand même. Le tout pour 11€, ça glisse encore mieux ! 

Day 3, samedi 18 octobre 

Pour diverses raisons, la nuit n’a pas été un long fleuve tranquille. 

À 6h15, j’ai les yeux plein phare alors le rdv pour le départ n’étant qu’à 8h45, j’en profite pour faire une petite heure de course sur tapis. 

J’avais oublié combien c’était pénible et long mais ça fait bien transpirer ! 

Une bonne douche, quelques préparatifs et je rejoins Isabelle et Corinne dans le hall de l’hôtel. Notre groupe commence à s’agrandir. 

Il est complet vers 10h quand nous récupérons Céline et Hervé à l’aéroport. 

Il fait déjà 26 degrés ! Florian a recommandé le pantalon car nous allons sur des lieux religieux. Sur place, Dilli nous dit qu’on peut faire ce qu’on veut. Too late, je vais avoir chaud. Après, je comprends la position de Florian : « ce n’est pas parce que c’est toléré que c’est bien vu ». 

Dans le van, nous faisons également connaissance de Sharmila, notre guide culturelle pour la journée. 

Au programme : 4 sites UNESCO du Népal sur sept. 

Pour le premier, cap sur Bhakpatur, abri des temples de Vishnu et Shiva. 

Même dans ces lieux très touristiques, la vie népalaise bat son plein. Tellement de scènes à photographier, comme cette gamine qui s’accroche aux rétroviseurs de la moto de sa maman pour bien se stabiliser. Trop lente, souvent je suis, pour déclencher l’appareil photo car tout va vite. Alors j’imprime sur le nerf rétinien. Plus pénible, le bruit des klaxons. À foison. C’est censé être interdit mais il y a la règle et la pratique. 

Mes camarades ont le pied un peu moins pressé que le mien alors je tiens  compagnie à Sharmila, qui me parle des 125 ethnies népalaises (elle est Tamoul), ses deux enfants de 2 et 4 ans. Elle est sympa, elle trouve que je fais plus jeune que mon âge ☺️

Vers 13h, on prend la route pour le second temple. Avant de le visiter, pause déjeuner au Golden Eyes où je mange de délicieux veggie momo à la vapeur. 

On commence à parler de l’organisation pour le trek. Comme à chaque fois, l’entente de groupe est quasi immédiate ! 

Mais trêve de bavardages, c’est qu’on a encore trois temples à découvrir ! 

On sort du resto et hop, the Great Budha Stupa se dresse devant nous ! Nous avions aussi pu l’admirer depuis le rooftop du Golden Eyes. 

Comme son nom l’indique bien, nous ne sommes plus dans le sacré hindouiste mais dans le sacré bouddhiste. 

Il y a 4 côtés, nord, sud, est, ouest qui correspondent aux 4 vérités de Buddha (en gros, la souffrance). Vérités qui doivent amener sur les 8 étapes de vie de Buddha pour atteindre le Nirvana ! 

On reprend le van pour nous diriger vers l’étape numéro 3 : Pashupatinath, nouvel emblème hindou. 

Entre temps, on essaye de ne pas se faire renverser en traversant car ici oubliez passages piétons, feux de circulation, etc. C’est à celui qui s’impose ! 

La particularité du lieu, en dehors des toilettes publiques à l’odeur nucléaire, c’est que les familles y organisent leur crémation le long de la rivière sacrée, Bagmati, qui rejoint le Gange. 

Le rite est le suivant : laver la tête, les pieds du défunt et lui faire avaler de l’eau de la rivière. Pas n’importe laquelle, sourcée à un point donné de la rivière. Le seul endroit où se côtoient riches et pauvres. Pour le reste de la procession, c’est chacun son côté mais selon les mêmes gestes : déposer le corps sur un « brancard » en bambou, y mettre le feu. Une fois « refroidi », il est glissé dans l’eau pour rejoindre ses autres vies. 

Dernière escale : le deuxième plus grand Stupa du monde, Swayambhu, aussi connu sous le nom de Monkey Temple. Et lui aussi recouvert de feuilles d’or. Comme au Great Boudha Stupa, on rencontre une foultitude de macaques. 

Nous sommes étonnés, malgré les événements politiques récents, aucun contrôle de sécurité à l’entrée des sites !

Le bruit, le monde, je commence à fatiguer. Tout le monde en a d’ailleurs un peu plein les pattes, surtout nos voyageurs du matin qui, pour certains, n’ont pas dormi dans l’avion. 

On écourte un peu la visite après l’achat d’un bracelet et d’un écusson et hop, dernière escapade en van jusqu’à l’hôtel !

D’une manière générale, je suis contente d’avoir retenu cette option de visite mais c’était un poil trop long à mon goût. Trois temples m’auraient suffi par exemple. Et si la guide était fort sympathique et pleine de bonne volonté, elle ne vivait pas vraiment ses explications, c’était plutôt « scolaire » et, sous la chaleur, forcément un peu ennuyeux. 

Nous bénéficions d’une heure de pause : douche, préparation des bagages (objectif 10 kg pour le porteur) et c’est déjà l’heure !

Retrait d’argent, achat baume du tigre  (le vrai) à un prix défiant toute concurrence (2€ en moyenne du petit au grand pot) et on est tous ravis de prendre place au Forest & Plate, un restaurant healthy de la ville. 

Pour nous mettre en appétit, Florian nous présente sur la carte notre itinéraire de trek puis, plus largement, notre boucle de voyage. On ne devrait pas s’ennuyer et un peu transpirer !

Il profite également de l’occasion pour nous offrir la casquette Bucket List et Isabelle en profite pour offrir à chacun.e un porte clé Playmobil qu’elle a confectionné. 

Je savoure un délicieux seasonal smoothie (avocat, poire, fraise, bananes, pastèque avec un zeste de citron), des veggie pasta et un cheesecake vegan vanille noix de cajou à tomber. Le tout… drumroll… pour 9€ ! 

À 21 heures passées, le trafic est toujours dense. Des carrés qui essayent de rentrer dans des ronds. Ça fonce, ça zigzag, ça klaxonne. Clairement, cette partie-là ne va pas me manquer, vivement le calme des sommets ! 

Bagage pesé : 10,15 kg !

Day 4, dimanche 19 octobre

À 4h50, les yeux sont ouverts pour un réveil prévu à 5h24. Je suis large !

Une bonne douche, un dernier vrai shampoing et je boucle les sacs. 

À 5h50, heure demandée, je suis dans le lobby. 

Vers 6h, on se met en direction vers le van.

À 6h15, en route ! Il fait déjà grand jour et grand beau. 

La journée la plus pénible du voyage, le transfert vers le début du trek, démarre ! 

Je pensais finir ma nuit mais ils sont bavards ces Népalais…

Bon, les Français aussi ! 

Finalement, presque faux départ puisque deux heures plus tard, on s’arrête au garage du coin. Littéralement, le garage du coin. Le van a rendu l’âme, le chauffeur a détecté un tictic. Il faut dire que les routes népalaises sont rudes pour les véhicules. Entre les crevasses, les portions de route pas finies, la boue…

Enfin, routes, c’est vite dit. Plutôt des pistes et encore, c’est un euphémisme ! 

Kathmandu —> Jagat c’est 200 km, on mettra 7 heures !

On modifie donc un peu le programme. On passe direct au petit-déjeuner en attendant qu’un autre van arrive de Kathmandu. 

Dilli nous dit qu’il va aller vite, en prenant des raccourcis. Je ne sais pas trop comment, d’ailleurs, au final, on repartira plus de 1h30 plus tard. 

En attendant, j’ai eu le temps de m’étouffer avec le jaune de mon œuf dur. Nous avons été accueillis gentiment dans l’arrière cour d’une boutique car, clairement, le lieu ne se prête pas à la table de pique nique en extérieur sauf à vouloir de la poussière saupoudrée sur le panier repas préparé par l’hôtel. 

Florian nous avait prévenus de la (non) qualité des routes. Ça secoue la tête et je n’ai plus d’épaule à force que ça tape contre la vitre. 

Impossible de lire. Surtout si je ne veux pas revoir le jaune d’œuf que j’ai eu tant de mal à faire passer. 

11h15 pause essence / toilettes. Rudimentaires mais franchement, pas si degeu quand on compare à certaines toilettes de la métropole. 

Les paysages défilent, dès qu’on traverse des micro villages, c’est les bouchons. Trois voies s’improvisent et c’est à la va comme je te pousse. 

Le fessier prend cher, de même que toujours l’épaule. 

Bon an mal an, on arrive à Besishahar vers 14h. 

Quand on a changé de véhicule, nous avons troqué notre van pour un Toyota. Corinne avait alors dit, « avec un Toyota, on va au bout du monde« . 

Pas vraiment pour cette fois mais on est là où on est censé être, avec une petite heure seulement de retard sur l’objectif initial malgré nos désagréments techniques. 

Autre dicton, par Dilli cette fois : « Ce n’est pas nous qui changeons le Népal, c’est le Népal qui nous change ». Cette étape en direction du trek en est une belle illustration et ce n’est que la première !

On s’installe dans une petite bicoque, Thorongla Hotel, pour le déjeuner. Non sans avoir au préalable déchargé les sacs puisque on changera à nouveau de véhicule pour la suite du voyage. Mais cette fois, c’est programmé. La route qui nous attend nécessite un véhicule un peu plus costaud…

Je remets le couvert pour des Momo, c’est tellement bon. J’avais commandé les potatoe cheese, je reçois des veggie, tant pis. 

Il est déjà près de 15h quand on se remet en route. Cette fois, nous montons à bord d’un 4*4. Vous savez ce qu’on dit : plus le véhicule est costaud, plus la route sera dure. 

Le van a secoué, là nous passons au vrai tape-cul avec de la piste, des cailloux, des trous et tout le toutim. 

Nous marquons une courte pause au pied d’une cascade puis nous enchaînons à nouveau les taquets qui secouent. Nous sommes aussi « rackettés » par des gamins qui nous barrent la route contre de l’argent, on leur donnera des Playmobil d’Isabelle. On accepte juste une donation pour une poignée de gamins qui collectent de l’argent pour construire une école. 

On aide aussi à débloquer aussi moto qui s’est enlisée dans la boue – enfin, surtout Florian. Et on patiente gentiment que la pelleteuse qui répare la route laisse passer, au compte gouttes, la file de voitures. La circulation alternée est un concept étranger 🤗

Il nous faudra plus de deux heures pour rallier le North Face Hotel. Un établissement rudimentaire mais j’ai droit à une chambre solo et elle est équipée en toilettes et en douche, que demander de plus ?

On prend à peine possession de nos chambres qu’on se met en route vers les sources d’eau chaude, 600m en contrebas de l’hôtel. 

J’accompagne l’équipe puis je remonte, pas envie de me mouiller ce soir, je préfère me dégourdir un peu les jambes dans le « quartier », d’autant que mon mollet droit est toujours crampé depuis mon aventure Bayman de la semaine précédente. 

À 20h à table et je déguste le premier Dal Bhat local, un délice, accompagné d’un Lassi pomme. 

Dilli nous briefe pour demain, un poil trop long à mon goût et de nombreuses répétitions mais c’est le jeu. 

Première nuit à 1300 m ! 

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