4 jours à Rotterdam, option marathon

Day 1

Un marathon, ça faisait longtemps tiens ! 6 mois très exactement depuis l’expérience – douloureuse – de Chicago. 

Cette année, destination : Rotterdam. 

La préparation de course a été compliquée, avec des blessures qui tardent à disparaître malgré le cocktail kiné / mésothérapie / acupuncture / soin à distance. Bon, le point positif : je suis moins fracassée qu’avant Chicago. Vous me direz, ce n’est pas trop compliqué 🤗

Revenons à nos moutons. Rotterdam donc (130€ le dossard) et j’ai troqué maman pour Régis en accompagnant de voyage et Johann pour la compagnie sur course. 

Avec Régis, nous quittons Nantes avec le TGV pour Paris de 8h04. 

Tranquillement, nous rejoignons ensuite Gare du Nord pour l’Eurostar. On avait pris large en cas de retard du TGV, finalement c’est l’Eurostar, qui s’est mis sur rails avec 30’ de retard. 

On arrive à Rotterdam vers 15h30, sous un beau ciel bleu ensoleillé et un vent revigorant. 

Le contraste avec la Gare du Nord : pas de voiture en bord de gare, une flopée de vélos, la propreté et le calme…

On marche jusqu’à l’hôtel, le Thon Hotel, situé à deux pas de l’Erasmusbrug, un pont iconique surnommé « le cygne », qui ressemble étrangement au Pont Tabarly… à Nantes ! 

La chambre est minuscule mais au calme et propre. 

On recharge un peu les batteries puis on part déambuler dans le Museumpark où l’on s’amuse devant le Art Depot Museum Boijmans Van Beuningen, aux faux airs du Bean à Chicago. 

Et comme on n’a pas pris le temps d’admirer la gare à notre arrivée, nous décidons d’y retourner. 

Un lieu incontournable de la ville où passent quelque 110 000 voyageurs au quotidien entre les bus, trams, métros et trains. 

Le toit est, en partie, couvert de panneaux solaires. Le regard se pose aussi sur la statue « Moments Contained » de Thomas J Price, majestueuse, qui épouse la pointe de la gare.  

Avec tout ça, le temps passe et l’estomac commence à avoir faim. Nos pas nous mènent vers la rue festive Witte de Withstraat où les saveurs du monde entier se font face, terrasse contre terrasse. Nous choisissons le Soju Bar, troquet coréen, où nous nous régalons avec un délicieux Bibimbap au beef bulgogi. 

J’avais oublié, depuis Amsterdam en 2018, combien les Néerlandais sont un peu fous furieux à vélo (en masse et sans casque). 

Day 2

Après une bonne nuit de sommeil ressourçante, place à la découverte du petit-déjeuner. L’offre continentale est très correcte en termes de diversité comme de qualité. 

Comme notre rdv vélo est seulement à 11h, on en profite pour flâner dans la ville. À commencer par le repérage de la ligne de départ et d’arrivée du marathon. L’hôtel est vraiment bien placé, en moins de 5’ à pied, je rejoindrai mon sas de départ ! 

Notre marche nous mène ensuite sur le Erasmusburg, que nous foulons enfin. Nous ne prêtons guère attention à l’heure, nous arrivons donc tout juste à l’heure pour notre tour Bike « Highlights of Rotterdam » avec Inside Rotterdam (37€ pp). Il faut dire que le local est bien caché. 

Ariane est notre guide, elle est accompagnée de 3 autres collègues en formation. Dont 2 qui prendront également le départ de la course dimanche. Ils ont d’ailleurs déjà couru le marathon alors j’en profite pour poser plein de questions ! Notamment sur la météo qui ne s’annonce pas radieuse. Pieter a une réponse au poil : « there will be weather » ! 

Concernant le tour à vélo, le groupe est de petite taille donc tout se passe de façon plutôt fluide. Surtout que c’est rock n’ roll la circulation à vélo ici donc ce n’est pas plus mal que nous soyons disciplinés. 

Notre guide est très sympa. Dynamique, avec des commentaires concis et intéressants, accompagnés de la bonne dose d’humour qui va bien. 

Au programme :

✔︎ Central Station
✔︎ Biking with the wind through your hair across the Erasmus Bridge
✔︎ Visit to the Market Hall
✔︎ Taking pictures of the cube houses
✔︎ A beautiful view of the Old Port
✔︎ Grandiose view of Hotel New York at Kop van Zuid
✔︎ Immersion in multicultural Rotterdam

Un parcours varié qui permet de comprendre la particularité de la ville : rasée par les Allemands lors de la seconde guerre mondiale, il ne reste qu’un seul « medieval building », the St Lawrence Church. Tout le reste a été construit après la seconde guerre mondiale. D’abord, ils ont reconstruit le port pour relancer l’économie puis la ville. Les habitants de Rotterdam se moquent gentiment de leurs « ugly buildings » et du fait que la ville n’a pas vraiment d’histoire ancienne. 

Un parcours avec une touche de gourmandise aussi puisque Ariane a prévu un sachet de Stroopwafels, une spécialité sucrée des Pays-Bas. 

En un peu moins de trois heures, la boucle est bouclée. 

Nous passons rapidement à l’hôtel avant de retourner au Museumpark. 

Cette fois, nous pénétrons dans le Depot Boijmans Van Beuningen (entrée 20€), aussi connu sous le nom de « the bowl ». Après avoir observé notre reflet dans le miroir extérieur, nous découvrons cet entrepôt d’art. Le résultat nous laisse plutôt perplexes, heureusement la vue depuis le 6ème étage rattrape un peu notre déconvenue. 

Le monde étant tout petit, au moment de récupérer nos affaires dans le casier, je tombe sur Christine, une coureuse avertie que je côtoyais dans une association de running à Bordeaux. Sans surprise, elle vient également courir le marathon de Rotterdam ! 

Après l’instant papotage, nous nous promenons dans le parc environnant. 

Puis nous enchaînons en direction de Historisch Delfshaven. 

Ce pittoresque port de plaisance est l’un des rares quartiers de la vieille ville à avoir survécu au bombardement de Rotterdam en 1940. Son histoire est remarquable : les habitants de Delfshaven gagnaient autrefois leur vie en pêchant le hareng et en distillant du gin. Les maisons historiques du canal abritent aujourd’hui des boutiques chaleureuses vendant des antiquités et des brocantes.

Il est ensuite temps de rejoindre Johann et sa famille au Postillion Convention Center WTC pour récupérer nos dossards et notre beau teeshirt, dont le dessin a été réalisé par un graffeur professionnel de la ville dont nous avons pu admirer les graffitis en fin de parcours vélo. 

Tic tac…

À nouveau, un passage rapide par l’hôtel et hop, on se remet en marche pour notre réservation de 19h chez Spaghetteria Pannekoekstraat.

Le service n’est pas ultra rapide mais les assiettes sont copieuses et délicieuses ! 

Day 3 

Au réveil, le soleil brille déjà, annonçant une journée aux petits oignons ! 

Après un nouveau bon petit-déjeuner, nous louons des vélos auprès de la réception de l’hôtel, histoire de ménager un peu mes gambettes en cette veille de course (18€ la journée). 

Direction : Euromast (18,50€ si réservation en ligne).

La tour d’observation Euromast a été construite pour célébrer le spectacle grandiose des Floriades en 1960, une exposition horticole et un festival de jardins organisés à Rotterdam cette année-là. 

Construite en béton armé, elle présente un diamètre intérieur de 9 mètres et des murs de 30 cm d’épaisseur. Son plancher est suspendu à 96 mètres du sol. L’ascenseur Euromast ne met que 30 secondes pour transporter les visiteurs à 100 mètres de hauteur, où se trouvent une plateforme d’observation et une brasserie. L’ascenseur tournant Euroscoop permet de monter jusqu’à 185 mètres !

Nous y étions quasi à l’ouverture et nous étions presque seuls au monde dans la tour, parfait. Car, à la redescente, le public – dont Johann et sa family – commençait à arriver. 

Nos bicyclettes nous conduisent ensuite au Musée Rotterdam ’40-’45 NU.

Le thème : les bombardements de la ville… L’article du journal Le Monde, consacré à la visite de Rotterdam, indiquait qu’ils étaient mis en perspective avec ceux survenus depuis (à Bagdad, à Kiev, à Gaza…). Que nenni ! Et ce n’est pas faute d’avoir fait le musée, tout petit, de long en large. 

Bien que plutôt intéressant, à 12,50€ l’entrée, ce n’est pas une affaire !

Ensuite, nous nous dirigeons vers le Musée de la photo.

Là aussi, l’expérience est plutôt décevante. Une seule expo temporaire, avec des légendes en néerlandais ou… en turc. Et un étage supérieur dans la même veine. 16€ que nous aurions pu mieux dépenser…

Finally, nous décidons de retourner à la St Lawrence Church, aperçue hier à vélo. Le samedi, il serait possible de gravir les plus de 300 marches qui offrent une belle vue sur la ville. 

Sans aucune raison affichée, nous trouvons porte close, une fermeture confirmée sur le site internet. Et moi qui voulais échauffer mes gambettes ! 

On se promène un peu dans les alentours, ce qui nous amène à observer des jeunes qui s’initient au surf sur une vague artificielle en plein cœur de la ville. 

Puis nous retournons faire une pause à l’hôtel. La circulation devient compliquée avec les installations du marathon. Ah, ces coureurs ! ☺️

À 14h45, on embarque sur le Spido avec Johann et sa famille.

Ville portuaire, Rotterdam entretient des liens indéfectibles avec la Nouvelle Meuse. Il existe de nombreuses façons d’explorer et de découvrir le fleuve et le port. La visite du port de Rotterdam (75 minutes, 17,50€) est proposée toute l’année et offre un aperçu bref mais instructif des ports à conteneurs de Rotterdam. L’itinéraire passe également par des sites tels que l’hôtel New York, l’Euromast et le SS Rotterdam.

Nous ne parcourons pas les 42km qui séparent le port de l’entrée en mer mais la balade donne un joli aperçu de la structure portuaire qui s’inscrit comme le plus grand port européen. Sa croissance étant en extinction – plus la place de s’agrandir donc d’accueillir plus de containers – la nouvelle tendance c’est de s’affirmer comme un « green port ». Greenwashing ?

Bon, clairement, on voit surtout la société de consommation dans toute sa splendeur, à commencer par les milliers de litres de jus d’orange brésiliens expédiés, depuis Rotterdam, aux quatre coins de l’Europe. Belle empreinte carbone pour prendre des forces au petit-déjeuner…

De retour sur terre, nous voulions continuer à explorer la ville avec nos vélos. Sauf que celui de Régis a un pneu crevé et l’hôtel n’a plus de vélo disponible. Nous revoyons nos ambitions à la baisse et nous décidons d’aller visiter… Décathlon ! 🤣

Il se situe à deux pas de la ligne d’arrivée où se tiennent les courses du jour (enfants, 5km…) alors autant dire que c’est bruyant et pas très fluide. 

De toute façon, nous n’avons pas le temps de nous éterniser. 

En effet, nous avions prévu une pasta party dans l’appartement loué par Johann. Sauf que, à leur arrivée, ils ont eu la surprise de découvrir que la cuisine… n’était pas une cuisine ! 

Hier soir, lors de notre repas chez Spaghetteria, nous avons posé la question d’une réservation et, bien sûr, tout était complet. Leur proposition. : venez avant 18h et ça passera peut-être ! 

Les dieux des pâtes devaient être avec nous car nous dégotons une table pour 6 à 17h45 dès lors que nous la libérons à 19h. Parfait !

Les pâtes sont aussi bonnes qu’hier, al dente comme il faut et l’horaire nous permettra de bien digérer avant le coucher. 

Marche digestive vers l’hôtel, avec découverte de la Wave Start 2 pour demain, qui est enfin installée. 

Puis, rituel de soirée pré-compétition : douche, tape Compex sur les pieds, préparation de la tenue, accrochage du dossard, étirements. Plus que un dodo…

Day 4

Today is THE day! 

Parce que on l’aurait presque oublié avec nos pérégrinations mais l’objectif du séjour, c’est quand même de courir un marathon ! 

Contrairement à Malaga en 2023, notre hôtel a pris en compte le fait que la ville accueille une compétition. Le petit déjeuner est donc servi à partir de 7h au lieu de 8h. Et quelques minutes avant l’heure, nous sommes déjà quelques runners à trépigner devant la porte close. 

Une fois ouverte, la salle se remplit vite. Je fais léger et « sain » pour tenter d’éviter une redite de Chicago. Spoiler alert: ça ne marchera pas. 

Sans le savoir, j’ai choisi un très bon emplacement d’hôtel puisque nous sommes seulement à quelques centaines de mètres de la ligne de départ. 

Je peux donc attendre tranquillement dans la chambre, en attendant que Johann me retrouve en bas de l’hôtel pour 9h. 

Régis en profite alors pour partir courir sur le parcours en sens inverse (le semi, qui se transformera en 25 km). 

Avec Johann, on fait un micro échauffement, pause toilettes à l’hôtel (autre avantage de la proximité pour éviter la queue devant les toilettes de la course) et récupération d’une bouteille d’eau. En effet, le Thon Hôtel joue vraiment le jeu en offrant eau, bananes, pancakes (et ils prépareront même des sandwichs pour l’arrivée). 

À 9h30, il est temps de se diriger vers le sas de départ, nous sommes en wave 2. 

En termes d’accès, j’ai connu mieux organisé ! Mais une fois dedans, on arrive à se faufiler vers le devant du sas. 

Contrairement à ce que nos amis guides cyclistes nous avaient indiqué, on part pile à l’heure. 

L’e-mail annonçait 10h07, à 10h09 je déclenche ma montre. 

On attaque direct par le pont Erasmus. On ne risque pas de partir trop vite, le troupeau semble en mode footing du dimanche. Il faut donc slalomer pour arriver à prendre sa vitesse de croisière. 

J’y arrive pas trop mal et je me sens bien. Mon plan : courir à un rythme d’aisance pour tester les réparations des blessures et, si j’en ai la capacité, accélérer en seconde partie. 

Globalement, c’est pas mal jusqu’au semi, voire un peu plus. Mais, rapidement, cette fois encore, j’ai l’estomac à l’envers. Je dois me résigner à m’arrêter aux toilettes – d’autant que je n’en voyais pas jusque là – et là, c’est vidage intégral. 

À partir de là, tout est un peu plus compliqué. On est au km 28 et l’aventure est encore longue. 

Alors, je gère. Les ballonnements. Puis les mollets qui se raidissent. Ça, je pense que c’est lié au manque de volume dans la prépa vu que j’ai dû réduire le nombre de séances et les kilomètres parcourus par rapport à mes préparations précédentes.  

À un moment, c’est le mental qui l’emporte. Surtout que cette portion du circuit est tuante, une grande ligne droite aller entre 30 et 36 puis la même pour rallier le 40ième et, enfin, la ligne d’arrivée. 

Je finis un peu dans le dur en 3h36’18. Mon second meilleur temps sur la distance. Ce n’est pas un RP mais il y a six mois, je ne savais pas si je pourrais faire la prépa ou même prendre le départ alors je savoure ! Surtout quand je découvre, plus tard, que je signe le temps 51 / 464 dans ma catégorie, que je termine dans les 400 premières femmes sur 4 500 et dans les 4 000 premières sur 17 000 finishers ! 💪

Le retour à pied jusqu’à l’hôtel a été un peu rocambolesque – bien sûr, c’est off. ☺️

J’ai apprécié la douche, le baume du tigre et l’huile Weleda à l’arnica. Et me poser sur le lit. 

Au final, une météo exceptionnelle qui n’était pas prévue puisque la pluie était annoncée depuis des jours. On a presque eu trop chaud d’ailleurs. Une ambiance très sympa, du monde partout. En revanche, il n’est pas si roulant que ça, non pas en raison du dessin du parcours mais parce que c’est souvent étroit, il faut donc zigzaguer puis relancer et les goulots d’étranglement sont fréquents. 

Et le meilleur moment de la journée au-delà du « croquage » de médaille ? 

La récupération autour d’un bon repas, dans un bon restaurant, en excellente compagnie. El Gaucho, Argentinian Steakhouse.

Des serveurs pas toujours très bien coordonnés – mental note : les Néerlandais sont nombreux au service mais pas hyper efficaces, bonus point pour la France alors que nos politiques (et le MEDEF) cherchent toujours à nous faire passer pour des travailleurs non productifs – ni tous très chaleureux mais les assiettes sont généreuses et délicieuses. 

Une jolie pointe finale à un excellent séjour. Et oui, demain matin, c’est déjà le retour ! 

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